LE CLIENT, UN CONTE MORAL
9Note finale
Avis des lecteurs 2 Avis
5.5

Avoir-alire.com – Gérard Crespo – 6 Novembre 2016

Fidèle à son univers du jeu des apparences et à sa vision humaniste des rapports humains, Asghar Farhadi livre un nouveau conte moral d’une grande rigueur d’écriture.

Après Le Passé, réalisé en France, Asghar Farhadi est retourné en Iran pour ce nouveau film fidèle à sa démarche. Il y dirige deux de ses interprètes de prédilection, Shahab Hosseini et Taranah Alidoosti, déjà réunis dans À propos d’Elly. On peut d’abord voir Le Client comme un semi-documentaire sur une ville en transformation et ses habitants en perte de repères, évoluant dans des quartiers avec chantiers sans fin, vieux immeubles démolis et buildings en construction. Dans cet univers urbain à la fois moderne et déshumanisé, et dans un contexte d’obscurantisme politique et religieux, Emad et Rana, membres de la classe moyenne éclairée, incarnent une forme de résistance, trouvant dans la culture et le théâtre un dérivatif salutaire. Le Client s’avère alors une mise en abyme subtile, la pièce répétée et jouée étant Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller. « Le Téhéran d’aujourd’hui est très proche de New York, tel qu’Arthur Miller le décrit au début de la pièce. Une ville qui change de visage à une allure délirante, qui détruit tout ce qui est ancien, les vergers et les jardins, pour le remplacer par des tours. C’est précisément dans cet environnement que vit le commis voyageur », a déclaré le cinéaste.